Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/157

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C'est l'hiver. ==



C'est l'hiver. Ô villes folles,
Dansez! Dans le bal béant
Tourbillonnent les paroles
De la joie et du néant.

L'homme flotte dans la voie
Où l'homme errant se perdit;
En bas le plaisir flamboie,
En haut l'amour resplendit.

Le plaisir, clarté hagarde
Du faux rire et des faux biens,
Dit au noir passant: Prends garde!
L'amour rayonne et dit: Viens! -

Ces deux lueurs, sur la lame
Guidant l'hydre et l'alcyon,
Nous éclairent; toute l'âme
Vogue à ce double rayon.

Mer!j'ai fui loin des Sodomes;
Je cherche tes grands tableaux;
Mais ne voit-on pas les hommes
Quand on regarde les flots?

Les spectacles de l'abîme
Ressemblent à ceux du cour;
Le vent est le fou sublime,
Le jonc est le-nain moqueur.