Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/180

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Et que les exilés rêvent la délivrance ;
Il passe en murmurant Espérance ! espérance !
Et. toute la souffrance est un appel confus
A son coeur d’où jamais il ne sort un refus.


VIII Tandis qu’on ne sait quoi d’étrange


Tandis qu’on ne sait quoi d’étrange et de farouche
Surgit dans des berceaux, dans les tombeaux se couche,
Tandis que l’ouragan souffle, et que par moment
La vie universelle est un rugissement,
Et qu’à d’autres moments tout n’est plus qu’une face
De silence où le cri de l’abîme s’efface,
Tandis, que le flot roule à l’engloutissement,
Que la livide mort court sous le firmament
Distribuant le monde aux fléaux ses ministres ;
Que les astres hagards ont des levers sinistres,
Et qué tout semble craindre un lugubre abandon,
Lui, tranquille, il dit : .Paix, harmonie et pardon !
Il jette sa pitié dans la sourde étendue,
Dans l’ombre formidable à jamais éperdue,
Dans le deuil, dans l’énigme affreuse, dans l’horreur ;
Il marche, et, sans rien voir, perdu, quoique éclaireur,
Sous la brume éternelle à flots noirs épanchée,
Sent dans la nuit sa main par des langues léchée.