Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/187

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Des monceaux de. Newcastle et des tas de Cardiff.
Ainsi l’esprit humain, glouton quoique tardif,
Dans son voyage autour des systèmes, consomme
L’éternité, le temps, la mort, la vie et l’homme.

Et tout cela pourquoi ? pour ne pas arriver.
Pas de pilote ; pas de boussole ; rêver
Dans tout lointain nuage une rive abordable,
Percer l’impénétrable et sonder l’insondable,
Tel est l’effort humain quand il fouille le ciel.
Là philosophie erre au noir gouffre éternel ;
Atteindre à Diêu ! comment ? Elle ignore.les. passes ;
Et souvent elle -va, dans les sombres espaces
Jetant sa cargaison, faux et vrai, mal et bien,
Se heurter à -l’écueil infranchissable Rien,.
Roche obscure où, battu du doute aux flots, sans nombre,
L’énorme Spinoza râle, échoué dàns l’ombre