Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/272

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Quand Rome n’aura plus que l’immonde énergie
D’attendre le viol, les coudes dans l’orgie,
Lorsque le sort fera cet éclat d’enivrer
Cette prostituée avant de la livrer ;
Quand la fatalité donnera le scandale
Du visigoth, du hun stupide, du vandale,
Qu’est-ce que tu feras, qu’est-ce que tu diras ?
Quand les fléaux seront comme des magistrats,
Quand l’aube et le tombeau seront mêlés ensemble,
Quand tout sera si juste et si cruel qu’il semble
Que Dieu soit le faucheur, que Satan soit la faulx,
Quel sage d’entre vous distinguera le faux
Du vrai, le oui du non, le rayon de la foudre,
Ce qu’il faut condamner de ce qu’il faut absoudre,
Le héros du bandit, l’ange. de l’animal,
L’affreux débordement du déluge normal,
Et du mal et du bien pourra faire la somme
Dans cet épouvantable écroulement de l’homme ?