Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/329

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La nature, éternelle mère, ==


La nature, éternelle mère,
Vous versa ,ses chastes faveurs,
Vieil Hésiode, vieil Homère,
O poètes, géants rêveurs!

Chantres des socs et des épées, -
A travers les temps, noir brouillard,
Vous montrez dans. vos épopées
L'homme enfant à-l'homme vieillard.

On voit en vous, comme une aurore,
Briller ce beau passé doré
Que la Grèce contemple encore
Avec un sourire effaré.

Comme l'ourse et les dioscures
Percent les branchages touffus,
On voit dans vos lueurs obscures
Remuer-un monde confus.

On voit, moins divins que vous-mêmes,
Resplendir, calmes et tonnants,
Dans la nuit de vos vieux poèmes -
Les olympiens rayonnants!

Votre cime touche les nues;
Dans votre ombre où luit l'orient
Les héros, les déesses nues
Vont et viennent en souriant.