Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/337

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Oui, le Génie a ses athées.
Devant l'envie à l'oeil hagard
Les grandes âmes insultées
Baissent leur pudique regard.
L'envieux s'accouple à l'impie,
L'âme bassement accroupie,
Tous deux se tiennent par la main,
Mentant, et de leur lèvre impure
Niant Dieu, l'un dans la nature,
L'autre dans le génie humain!
 
Mais la justice sort des choses;
Ils souffrent, ils sont malheureux;
Ils cachent sous leurs fronts moroses
Un ennui louche et ténébreux.
L'éternelle équité qui juge
Quiconque a l'ombre pour refuge,
L'erreur pour but, le mal pour voeu,
Condamne à la tristesse noire
Ceux qui font douter de la gloire
Et ceux qui font douter de Dieu.