Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/342

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Et les hommes se font petits.
Tout meurt. Il semble que commence
L'abâtardissement immense
Des coeurs devenus appétits.

Hélas! parfois un peuple -ô Grèce,
Tu l'as. vu! Rome, tu le sais! -
Sent une honteuse paresse
D'être grand, et dit: C'est assez!
Assez d'Ajax! Assez d'Achilles!
De Brutus, de Solons, d'Eschyles!
Assez de héros au front pur!
Assez de ces arches de gloire
Qui font de toute notre histoire
Un pont de géants dans l'azur!

Assez de hautains. Propylées,
De Panthéons, de Parthénons!
Assez de têtes étoilées!
Assez de grands hommes! Dînons.
Toute l'histoire n'est qu'un songe.
Gloire au festin qui se prolonge!
Gloire aux crimes inexpiés!
Que la fémme soit de la fête,
Nue avec des fleurs sur la tête,
Des bagues d'or aux doigts des pieds!

Qu'un esprit nouveau nous visite!
Soyons ceux ,qu'on n'a jamais vus!,
Qu'Athènes s'appelle Thersite!
Que Rome s'appelle Davus!
Des vieilles conquêtes vivantes,
Ô peuple, faisons nos servantes.
Vivre est la'seule ambition.
Cuisons, joyeuse foule athée, `
Avec le feu de Prométhée
Le souper de Trimalcion!