Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/113

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J'étais le songeur qui pense,
Elle était l'oiseau qui fuit
Je l'adorais en silence,
Elle m'aimait à grand bruit.
Quand dans quelque haute sphère
Je croyais planer ,vainqueur,
Je l'entendais en bas faire
Du vacarme dans mon coeur.

Mais je reprenais mon songe
Et je l'adorais toujours,
Crédule au divin mensonge
Des roses et des amours.

Les profondeurs constellées,
L'aube, la lune qui naît,
Amour, me semblaient mêlées
Aux rubans de son bonnet.

Dieu pour moi; sont-ce des fables?
Avait mis dans sa beauté
Tous les frissons ineffables
De l'abîme volupté. -'

Je rêvais un ciel étrange
Pour notre éternel hymen.
-Qu'êtes-vous? criais-je; un ange?
Moi! disait-elle, un gamin.