Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/118

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Vous ne la fuyez pas, oiseaux, petits farouches,
Car elle est votre soeur dans ce monde âpre et vain,
 
Elle a pour ce qui sort des âmes et des. bouches
Votre dégoût divin.

Elle semble un rayon qui ploierait sous de l'ombre.
On se dit en voyant ce nimbe, ce parfum,
Cette grâce au milieu de nos laideurs sans nombre:
Peut-elle aimer quelqu'un?

Oh! comme parmi vous elle marche, l'altière!
Elle dédaigne, esprit ailé, le ver qui fuit,
Et, lyre, la rumeur, et, souffle, la matière,
Et, lumière, la nuit.

Quand, seuls, au fond des bois nous nous perdons ensemble,
Je lui dis: j'aime! avec mon regard le plus doux,
Elle répond: je hais. Et, voyant que je tremble,
Elle ajoute: Pas vous.

2 juillet.