Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/163

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Et le sourire! et la caresse!.
L'entretien furtif et charmant,
Et la mélancolique ivresse
D'un ineffable épanchement!

Et les traits chéris d'un visage,
Ombre qu'on aime et qui vous suit,
Qu'on voit le jour dans le nuage,
Qu'on voit dans les rêves la nuit!
 
L'amour, dont nos coeurs sont les urnes,
Te donne tous ses doux tourments,
Les longs adieux aux seuils nocturnes,
Les longs regrets des courts moments!
Et les extases solitaires
Quand tous deux nous nous asseyons
Sous les rameaux pleins de mystères
Au fond des bois pleins de rayons!
Purs transports que la foule ignore,
Et qui font qu'on a d'heureux jours
Tant qu'on peut espérer encore
Ce dont on se souvient toujours!
Va, sèche ton bel oeil qui pleure, -
Ton sort n'est pas déshérité.
Ta part est encor la meilleure,
Ne te plains pas, ô ma beauté!
Ce qui manque est bien peu de chose
Quand on est au printemps vermeil,
Et quand on vit comme la rose
De parfums; d'ombre et de soleil!