Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/198

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



Or ce chef-d'oeuvre avait un singe pour amant;
J'étais de temps en temps regardé fixement,
A travers les rameaux en fleurs, par un gorille.
Sept pieds de haut, des dents de tigre, un oeil qui brille,
Peste! je m'évadai du paradis. -Depuis,
Cherchant les amours, comme un lierre les appuis,
J'ai fait tous les essais possibles je rature
Une aventure en moi par une autre aventure;
J'aimai,-me figurant qu'aimer n'a jamais nui,
Celle-ci par plaisir, celle-là par ennui,
L'une pour sa chanson, l'autre pour sa richesse,
L'autre parce qu'étant vieille, elle était duchesse,
L'autre pour ses amants, l'autre pour son mari;
J'adorai Berthe, Anna, Mousqueton, Colibri,
Jeannette, Olympia. -Donc j'ai connu les femmes,
J'en ai connu les coeurs, j'en ai connu les âmes,
Le haut, le bas, le vrai, le faux, le mal, le bien;
Et la conclusion; la voici: Viens, mon chien!

20 décembre.

== LXIV