Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/213

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



— Certe, elle n’est point sauvagesse.
— Est-on sûr qu’ils sont mariés ?
— Voilà, pour le prix de sagesse,
Deux pigeons bien avariés. »

Le geai dit : Leurs baisers blasphèment.
Le pinson chante : Ça ira.
La linotte fredonne : Ils s’aiment.
La pie ajoûte : Et cætera.

On lit que vers elle il se glisse
Le soir, avec de petits cris,
Dans le rapport à la police
Fait par une chauve-souris.
 
Le peuple ailé s’indigne, tance,
Fulmine un verdict, lance un bill.
Tel est le monde. Une sentence,
Redoutable, sort du babil.

Cachez-vous, Rosa. Fuyez vite
Loin du bavardage acharné.
L’amourette qu’on ébruite
Est un rosier déraciné.

Tout ce conte, ô belle ineffable,
Doit par vous être médité.
Prenez garde, c’est une fable,
C’est-à-dire une vérité.

9 août 1865.