Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/267

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V CANCION


J’avais une bague, une , bague d’or
Et je l’ai perdue hier dans la ville ;
Je suis pandériste et toréador,
Guitare à Grenade, épée à Séville.

Mon anneau luit plus que l’astre vermeil ;
Le diable, caché dans l’œil de ma brune,
Pourrait seul produire un bijou pareil
S’il faisait un jour un trou dans la lune.
 
Si vous retrouvez l’anneau n’importe où,
Rapportez-le-moi. C’est Gil qu’on me nomme.
Certes, je vaux peu ; je ne suis qu’un sou,
Mais près d’un liard je suis gentilhomme.

Je n’ai que mon chant comme le moineau.
Rendez-moi ma bague, et que Dieu vous paie !
Vous connaissez Jeanne ? Eh bien, cet anneau,
C’est, avec son cœur, le seul or que j’aie.

20 décembre 1854.

VI CHANSON DE MAGLIA



Vous êtes bien belle et je suis bien laid.
A vous la splendeur de rayons baignée ;
A moi la poussière, à moi l’araignée.
Vous êtes bien belle et je suis bien laid ;
Soyez la fenêtre et moi le volet.