Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/51

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Qui pend depuis trois ans suspendue à mon cil.
Donnez-moi ce bonheur au fond de mon exil,
Donnez-moi cette joie au fond de ma tempête
De voir que rien ne manque à votre double fête,
De me dire: ils sont 1à dans le rayonnement,
Lui, l'athlète invaincu, lui, le vainqueur charmant!
De m'éblouir de loin, moi l'homme des ténèbres,
De vos enchantements chaque jour plus célèbres,
D'entendre les échos sans cesse vous grandir,
Et, par tous applaudis, vos deux noms s'applaudir!

Aimez-vous pour celui qui tous les deux vous aime.
Aimez-vous! que l'envie ,en devienne plus blême.
Jumeaux, redevenez frères à tous les yeux.
Et montrez.que le jour, superbe,, heureux, joyeux,
N'est pas sourd à la voix qui sort de la nuit sombre,
Montrez que les rayons veulent consoler l'ombre,
Vous quetout couronna, vous à qui tout sourit,
En mettant vos deux mains dans la main du proscrit.

21 décembre 1854.