Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/35

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Triomphe. Pas de-brume en ce splendide azur.
Marche dans tous les sens sur ton crime ; il est sûr.
Danse dessus, bâtis dessus ; il est solide.
Le droit divin te garde en habit d’invalide ;
Le pape te bénit, le sultan te bénit.
Ta constellation resplendit au zénith ;
Qu’elle est belle ! Nemrod géant, Rhamsès farouche,
Charlemagne, César, Napoléon, Cartouche !
L’aurore, a pour toi, prince, un sourire charmant.
Le bleu du bonheur monstre,emplit ton firmament.
Pas un plaisir, permis ou non, que. tu n’effleures
Dans l’entrelacement voluptueux des heures ;
Ta journée est un long festin renouvelé.
Par chaque instant qui passe, heureux, chantant, ailé.
Que veux-tu ? le, pouvoir ? Sonne La France vote.
Elle est voltairienne, elle sera dévote, -
Pour te plaire. Veux-tu des palais ? Prends. Choisis.
Sois chez toi. Sur quel trône est-on le mieux assis ?
Prends celui de Versaille ou prends celui du Louvre.
La planche de sapin qu’un peu de velours couvre

A du bon, certe, et vaut les meilleurs piédestaux
Quand Brumaire et Décembre en sont les deux tréteaux.
Brumaire, c’est le droit, Décembre, c’est la force.
Un profil hollandais doublé d’un profil corse,
De face, cela fait un visage français.
Veux-tu la gloire ? prends son masque, le Succès.
Tu n’es plus tout à fait un jeune homme. Qu’importe !