Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/360

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Oh ! que d’amis j’ai vus à pas lents disparaître !
Que j’en ai vu quitter le chemin tour à tour,
Et sortant de la vie avant la fin du jour,
Descendre le versant de la colline noire !
Combien, dont la gaîté me faisait vivre et croire,
Dont l’oeil d’aise et d’amour semblait étinceler,
Ont cessé brusquement de rire et de parler,
Et pâles, frissonnants, tristes, la main glacée,
Sans même terminer la phrase commencée,
S’en sont allés, laissant leur destin incomplet,
Comme si tout à coup quelqu’un les appelait !