Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/362

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LI C’est le ciel que la tombe


C’est le ciel que la tombe, aube obscure, reflète ;
Le gouffre a pour barreaux les côtes du squelette ;
On entend, comme ceux qui songent sur un bord,
Bruire l’infini dans le vide du crâne ;
Et le Dieu qui pardonne, et le Dieu qui condamne
Luit dans les deux yeux de la mort.

La clarté du cercueil, pour nous fils des désastres,
O nuit sombre, est égale à la clarté des astres ;
Comment devant les morts s’aveugler et nier ?
Ce qui vécut est plein du mystère sublime ;
L’immensité rayonne étoile dans l’abîme
Et cadavre dans le charnier.

LII Babel