Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/365

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La création va,’ sombre, et démesurée ;
L’étendue à jamais se meut dans la durée ;
Le temps tourne au cadran du ciel
Et l’homme, pendant l’heure où disparaît son âge,
Pâle, entend remuer l’effrayant engrenage
De l’infini dans l’éternel.

Le peu de jour qu’on voit passe entre des vertèbres ;
Les blancheurs sont le deuil autant que les ténèbres ;
Rien ne rayonne, rien n’est sûr ;
Le penseur, attentif aux mystères sans nombre,
A travers l’amas noir de ces rouages d’ombre,
N’aperçoit qu’un lugubre azur.