Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/40

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Le jour, chasse le vent- nocturne qui soufflait ;
Le soleil dans la mer délaie-un long reflet ;

« M. Victor Hugo ne s’aperçoit donc

pas qu’il dévient monotone ? »

(Les Journaux de l’Empire.)


Et monte, et semble fier que le gouffre lui mette
Une traîne de flamme et le change en comète ;
Les navires tremblants fendent l’onde, et ses plis
Penchent leurs noirs agrès par la brise assouplis ;
Un mont de roche à pic sur la plage s’élève ;
La route qui descend des plaines à la grève
Ouvre en la rencontrant les deux bras de l’Y grec
Par où les chariots vont chercher du varech ;
L’eau partout se hérisse, immense hécatonchire ;
L’écume à tous les vents s’effare et se déchire,
Et vole, et l’on dirait que de ces flocons blancs
Quelques-uns prennent vie et sont les goélands ;
Le tumulte infini dans l’ombre au loin bégaie ;
Et la légèreté des nuages égaie
Toute cette farouche et fauve profondeur ;
L’aube chantante joue avec le flot grondeur ;
L’océan frais et pur se fronce aux rocs arides ;
La jeunesse éternelle offre toutes ses rides ;
L’innocent liseron, nourri de sel amer,
Fleurit sous les blocs noirs du vieux mur de la mer,