Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/425

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Pour que l’humanité soit complète et divine,
C’est peu qu’elle triomphe, il faut qu’elle ait raison ;
Heureux celui qui plaint les vaincus ! il devine
Ce que pense quelqu’un derrière l’horizon.
Les vaincus d’on ne sait quelle guerre inconnue
Ce sont les animaux ; vénérons leur malheur ;
La victoire par trop d’orgueil se diminue,
Et l’on n’est le plus fort qu’en étant le meilleur.

D’ailleurs connaissons-nous les horizons de l’ombre ?
Et nous, qui sommes-nous ? Nos ports sont nos écueils.
Songeons au ciel ; tâchons que cette aurore sombre
Si noire en nos berceaux, soit blanche en nos cercueils.