Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/63

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Oh ! comment s’évader de l’âpre nostalgie !
On jette à ce chaos quelque strophe rugie
Dans l’orage, et, pensif, on dit aux quatre..vents
De la porter à Dieu par dessus les vivants.
Et l’on s’arrête, et puis on attend. Toujours l’onde.
Què la terre de France était riante et blonde !
Où donc est-elle ? On rêve ; et l’on a la rougeur
De la honte d’autrui. Ciel ! ô ciel ! un vengeur !
Où donc est Juvénal ? Gouffre ! où donc est Tacite ?
On se rappelle tout, l’inrame’ réussite,
L’aube noire du jour monstrueux, et Paris
Pris à la gorge et ’mis à la chaîne, et les cris,
Et les convulsions du peuple qu’on opprime,
Et tous ces affreux chefs, capitaines du crime.
« Vous allez voir comment on meurt pour vingt-cinq francs ! »
Disait Baudin ; les mots de la tombe sont grands.
Cela n’empêche pas un tas de misérables
De crier aux proscrits, aux vaincus mémorables
Par le devoir au fond de l’abîme liés :
— C’est bien fait. Vous étiez comme nous. Vous vouliez
Etre sénateurs, ducs, ambassadeurs, ministres… -

Oh ! que la mer est sombre au pied des rocs sinistres !

20 juillet.