Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/82

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e des bois,
Et sans que le printemps distingue entre un faussaire,
D’où sont venus
Tous nos pleurs, tous nos maux, tous nos deuils, et Glycère,
Nymphe aux pieds nus !
Il a parfaitement oublié tous ses crimes,
Le sang versé,
Son serment, son honneur, son âme, et les abîmes
Du noir passé ;

Il a saisi le peuple et la loi dans sa serre,
Joué son jeu,
Et fait la quantité de forfaits nécessaire
Pour être un dieu ;

Les bonzes, les cadis, sous leur robe de femme,
Le trouvent grand ;
C’est tout au plus s’il sait combien il est infâme,
Et s’il comprend ;

Il est l’idole informe et vague qu’on encense ;
Ses yeux font peur ;
On devine qu’il est plein de toute-puissance
A sa stupeur ;

Car c’est bien surprenant d’être un tel misérable,
Et que les rois
Soient petits devant vous plus qu’au pied de l’érable
L’herbe des bois.