Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/91

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Laubardemont en herbe et Laffemas en fleur ;
Ayant derrière lui la mort ; sombre soufiieur,.
Bellart jeune se dit : Soyons Jeffrye en France !
Et c’est. le front chargé de ce tas d’espérance
Qu’en son riant matin, vers le but qui lui plaît,
Chemine Grandperrette avec.son pot au lait.
Tous veulent une affaire horrible en cour d’assises.
Comme on haranguerait les faces indécises.
Des jurés, par la phrase aux meurtres entraînés !
Car la justice est bête, et par le bout du nez
On conduit où l’on veut Thémis, la vieille aveugle.
On a reçu du ciel l’éloquence qui beugle ;
Si la chancellerie un jour vous remarquait,
Tout serait dit ; d’emblée on arrive au parquet
De. Paris, et l’on est bourreau sous l’œil du prince.

Or ce juge apprenti travaillait en province.

Un matin, calculant l’avenir, fatigué
Des bals de préfecture, et bâillant, et peu gai,
Ce garçon’ s’était dit dans un moment lucide.
— Ah ! ce qu’il me faudrait, c’est un bon parricide ! —
Car en effet, en Grève ; il est beau de pouvoir
Assaisonner la tête avec un. voile noir.
Il chercha. Ce fut toi qu’il trouva, misérable !

Donc on prit cette femme. Il est fort déplorable
Qu’on n’ait plus la torture. A bas Beccaria !
On fit du mieux qu’on put. On mit la paria
Dans un trou, sur un lit de paille, au fond de l’ombre.
Les geôles ont toujours quelque cabanon sombre,
Trop court pour qu’on s’y puisse étendre, trop étroit