Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Roman, tome II.djvu/359

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Il s’interrompit : — Ah çà ! la petite chèvre est-elle avec la fille ?

— Oui. Que le diable t’emporte !

— C’est qu’ils l’auraient pendue aussi, n’est-ce pas ?

— Qu’est-ce que cela me fait ?

— Oui, ils l’auraient pendue. Ils ont bien pendu une truie le mois passé. Le bourrel aime cela. Il mange la bête après. Pendre ma jolie Djali ! Pauvre petit agneau !

— Malédiction ! s’écria dom Claude. Le bourreau, c’est toi. Quel moyen de salut as-tu donc trouvé, drôle ? faudra-t-il t’accoucher ton idée avec le forceps ?

— Tout beau, maître ! voici.

Gringoire se pencha à l’oreille de l’archidiacre et lui parla très bas, en jetant un regard inquiet d’un bout à l’autre de la rue où il ne passait pourtant personne. Quand il eut fini, dom Claude lui prit la main et lui dit froidement : — C’est bon. À demain.

— À demain, répéta Gringoire. Et tandis que l’archidiacre s’éloignait d’un côté, il s’en alla de l’autre en se disant à demi-voix : — Voilà une fière affaire, monsieur Pierre Gringoire. N’importe. Il n’est pas dit, parce qu’on est petit, qu’on s’effraiera d’une grande entreprise. Biton porta un grand taureau sur ses épaules ; les hochequeues, les fauvettes et les traquets traversent l’océan.