Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Roman, tome IX.djvu/431

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VIII
cimourdain et gauvain. (ensemble.)

Voici, dans ce dossier, une petite note qui a dû précéder de beaucoup le plan du roman ; Victor Hugo avait trouvé l’incident qui devait clore l’action avant même d’avoir créé ses personnages, puisque le guillotineur et le guillotiné sont de vieux amis :

Souper du guillotineur et du guillotiné, vieux amis. Cordial. Le guillotiné donne raison au guillotineur. Nuit passée à causer philosophie et nature. La guillotine le matin. 93.


Gauvain était-il amoureux ? Oui. De miséricorde. Faire grâce était son idéal. Pas de femme. Il semblait qu’il n’eût qu’une pensée dans ces temps terribles : attendrir la guerre civile.


Au bas d’une page contenant des notes sur la Convention, ces trois lignes présentent Cimourdain comme protecteur de Gauvain bien avant que Cimourdain soit désigné comme délégué du Comité de salut public :

L’exclusion des nobles et des prêtres de toute fonction venait d’être décrétée. Là-dessus Cimourdain, prêtre, demande et obtient une exception pour Gauvain, voici comment.


Cimourdain.

C’était un inflexible et un incorruptible, en cela il confinait à Robespierre ; c’était un homme bon, violent, en cela il confinait à Danton ; c’était un sanguinaire politique, en cela il confinait à Marat ; c’était un sauvage social, en cela il confinait à Hébert.


Cimourdain s’écria :

Quand les savants se mêlent d’avoir de l’imagination, ils sont bien drôles.


— Tu dis : Sauvons le peuple. Moi je dis : Sauvons l’homme. Le peuple, c’est un intérêt, l’homme, c’est un principe.

— Je veux être inexorable et irréprochable.

— Les deux ? impossible, dit Gauvain.