Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Roman, tome VIII.djvu/307

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
259
LE WAPENTAKE.
— Qu’est-ce que l’iron-weapon ?
— C’est une chose en fer.
— Qu’est-ce qu’il fait de ça ?
— D’abord il jure dessus. Et c’est pour cela qu’on l’appelle le wapentake.
— Ensuite ?
— Ensuite il vous touche avec.
— Avec quoi ?
— Avec l’iron-weapon.
— Le wapentake vous touche avec l’iron-weapon ?
— Oui.
— Qu’est-ce que cela veut dire ?
— Cela veut dire : suivez-moi.
— Et il faut le suivre ?
— Oui.
— Où ?
— Est-ce que je sais, moi ?
— Mais il vous dit où il vous mène ?
— Non.
— Mais on peut bien le lui demander ?
— Non.
— Comment ?
— Il ne vous dit rien, et vous ne lui dites rien.
— Mais…
— Il vous touche de l’iron-weapon, tout est dit. Vous devez marcher.
— Mais où ?
— Derrière lui.
— Mais où ?
— Où bon lui semble, Gwynplaine.
— Et si l’on résiste ?
— On est pendu.

Ursus remit la tête à la lucarne, respira largement, et dit :

— Dieu merci, le voilà passé ! ce n’est pas chez nous qu’il vient. Ursus s’effrayait probablement plus que de raison des indiscrétions et des rapports possibles au sujet des paroles inconsidérées de Gwynplaine.

Maître Nicless, qui les avait entendues, n’avait aucun intérêt à compromettre les pauvres gens de la Green-Box. Il tirait littéralement de l’Homme qui Rit une bonne petite fortune. Chaos vaincu avait deux réussites ; en même temps qu’il faisait triompher l’art dans la Green-Box, il faisait prospérer l’ivrognerie dans la taverne.