Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Roman, tome VIII.djvu/51

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LES COMPRACHICOS.

Un statut des premiers temps de Guillaume et Marie frappa rudement l’affiliation des acheteurs d’enfants. Ce fut un coup de massue sur les comprachicos, désormais pulvérisés. Aux termes de ce statut, les hommes de cette affiliation, pris et dûment convaincus, devaient être marqués sur l’épaule d’un fer chaud imprimant un R, qui signifie rogue, c’est-à-dire gueux ; sur la main gauche d’un T, signifiant thief, c’est-à-dire voleur ; et sur la main droite d’un M, signifiant man slay, c’est-à-dire meurtrier. Les chefs, « présumés riches, quoique d’aspect mendiant », seraient punis du collistrigium, qui est le pilori, et marqués au front d’un P, plus leurs biens confisqués et les arbres de leurs bois déracinés. Ceux qui ne dénonceraient point les comprachicos seraient « châtiés de confiscation et de prison perpétuelle », comme pour le crime de misprision. Quant aux femmes trouvées parmi ces hommes, elles subiraient le cucking stool, qui est un trébuchet dont l’appellation, composée du mot français coquine et du mot allemand stuhl, signifie « chaise de p...... ». La loi anglaise étant douée d’une longévité bizarre, cette punition existe encore dans la législation d’Angleterre pour « les femmes querelleuses ». On suspend le cucking stool au-dessus d’une rivière ou d’un étang, on assoit la femme dedans, et on laisse tomber la chaise dans l’eau, puis on la retire, et on recommence trois fois ce plongeon de la femme, « pour rafraîchir sa colère », dit le commentateur Chamberlayne.