Page:Hugo - Actes et paroles - volume 7.djvu/140

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la Comédie-Française et de porter un toast à l’hôte illustre qui a bien voulu se rendre à notre appel.

Que souhaiter à M. Victor Hugo ? Il a lassé la renommée, on a épuisé pour lui toutes les formules de la louange, il a touché à tous les sommets. Qu’il ajoute de longues années à cette longue et prodigieuse carrière faite de gloire et de génie ! Tel doit être le seul vœu de tous nos cœurs.

Il en est bien encore un autre ! Mais j’ose à peine le formuler, messieurs, et pourtant il aurait, j’en suis sûr, votre approbation unanime. Aux drames merveilleux, à ces chefs-d’œuvre qui sont dans toutes les mémoires, le maître en a ajouté d’autres qu’il tient secrets et qu’il dérobe à notre admiration. Qu’il entende au moins une fois l’immense cri de joie qui saluerait l’apparition d’une nouvelle œuvre dramatique signée de ce nom resplendissant : Victor Hugo !

Voulez-vous vous unir à moi, messieurs ? C’est peut-être un moment unique et favorable pour lui demander, pour le supplier d’ouvrir, ne fût-ce qu’une fois, la porte de son trésor.

Les applaudissements ont associé tout l’auditoire au vœu si bien exprimé par l’éminent comédien qui a tant de titres à parler au nom de la Comédie-Française.

Les battements de mains n’avaient pas cessé, lorsque M. Francisque Sarcey a repris pour son compte le vœu que venaient d’exprimer M. Delaunay par son discours et tous les assistants par leurs battements de mains.

Nous regrettons de n’avoir pas le texte du discours de l’éminent critique du Temps. Disons seulement qu’il a été spirituellement bon enfant quand il a reconnu avoir été un de ces réfractaires dont avait parlé Émile Augier, et qu’il a eu des paroles émues et touchantes quand il a déclaré que sa conviction, pour avoir été tardive, n’en était que plus raisonnée et plus inébranlable.

Après l’éloquente causerie de M. Francisque Sarcey, Mlle Sarah Bernhardt a redit les beaux vers de François Coppée, la Bataille d’Hernani, qui ont eu à l’hôtel Continental le même succès qu’ils venaient d’avoir au Théâtre-Français.