Page:Hugo - Actes et paroles - volume 7.djvu/69

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oubliée depuis longtemps et que vous nous étonnez par une œuvre nouvelle. Ayant encore le frisson lyrique des Contemplations, nous sommes enchantés et charmés par la flûte des Chansons des rues et des bois.

Nous écoutons avidement le romancier, l’historien, le douloureux avocat des Misérables, quand mille poèmes nouveaux s’éveillent, ouvrant leurs ailes d’aigle ; et, après avoir offert au monde cette Légende des Siècles qui semble ne pouvoir jamais être égalée, vous réalisez ce fait inouï de lui donner une sœur qui la surpasse, et de vous montrer chaque jour pareil et supérieur à vous-même. Et ce qui fait a force de ce grand Paris que vous adorez, de cette France dont vous êtes l’orgueil, c’est qu’ils vous suivent, vous comprennent, et que, si haut que vous montiez, leur âme est à l’unisson de la vôtre. Le peuple qui se presse à Hernani jette dans la caisse du théâtre plus d’argent qu’elle n’en peut tenir, et, comprenant en artiste les beautés du poème, témoigne ainsi qu’il y a entre vous et lui une solidarité complète. Votre génie est son génie, et c’est pourquoi j’exprime la pensée de tous en confondant nos plus chers espoirs dans ce double vœu : Vive la France ! vive Victor Hugo !

Ce discours a été interrompu presque à chaque phrase par les applaudissements de la salle entière.

M. Henri de La Pommeraye s’est fait applaudir à son tour en portant ce simple toast qui a fait fondre en larmes de joie le petit Georges : « Aux petits-enfants de Victor Hugo ! » Et ce cri cordial a bien terminé cette fête cordiale.