Page:Huret - Enquête sur l’évolution littéraire, 1891.djvu/168

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avons tellement assez de vivre sans espoir au « Pays du Mufle » ! Un peu d’encens, un peu de prière, un peu de latin liturgique, de la prose de saint Bernard, des vers de saint Bonaventure, — et des secrets pour exorciser M. Zola !


M. SAINT-POL-ROUX-LE-MAGNIFIQUE


Saint-Henry, 17 mai.
Monsieur,

Votre épistole m’arrive en Provence, corbeille de jolies filles.

J’y réponds, sous la joviale marguerite du Soleil, devant la masse de larmes versées par les amants et les poètes que l’on nomme la Mer.

J’ai fort hésité à vous communiquer ma profession de foi, l’heure me paraissant prématurée. Mais vous insistez avec une telle vertu qu’enfin je m’installe sur le chevalet de votre Question.

Nier l’imminence d’une Réforme et d’une Renaissance, c’est-à-dire d’une novation de systèmes et de formes, serait nier l’étoile polaire. Toutes proportions gardées, la contemporaine avant-garde de l’Art Prochain rappelle, par son bariolage, les précurseurs scientifico-philosophiques du seizième siècle. La Re-