Page:Huret - Enquête sur l’évolution littéraire, 1891.djvu/380

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n’est-il pas au moins aussi romantique qu’Hugo ! Cette accumulation d’images, cette abondance de descriptions, qu’est-ce que c’est, sinon du romantisme ?

Quant aux jeunes, je vous le redis, je ne les connais pas assez pour les juger, et je ne veux pas me prononcer sur une chose que je ne sais pas ! Mais, encore une fois, la liberté ! la liberté ! Relisez la pièce de Victor Hugo : Pan. Voyez-vous, il n’y a que cela ! Pan !


M. JULES CLARETIE


M. Jules Claretie est l’un des rares académiciens qu’on ait quelque chance de rencontrer sur le boulevard. Hier, comme j’allais justement me diriger vers la rue de Douai, j’ai croisé, devant le bureau des omnibus du boulevard des Italiens, le très aimable et très spirituel directeur de la Comédie-Française. Nous rîmes ensemble de cette rencontre, et après avoir expliqué mes projets :

— Je ne suis pas importun ? dis-je.

— Mais non ! je vais aux Français. Marchons.

Et, une fois la chaussée traversée et atteint le trottoir droit de la rue Richelieu, la conversation s’engage ainsi :

— Je suis très curieux de tout ce qui est nouveau et je suis, avec autant d’attention qu’il m’est possible, le mouvement qui emporte les générations nouvelles.