Page:Huysmans - A Rebours, Crès, 1922.djvu/232

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entre les opérations de la photographie et celles du souvenir.

Mais cette adresse à manier cet outil perfectionné de l’analyse qu’il avait dérobé aux ennemis de l’Église, ne représentait que l’un des côtés du tempérament de cet homme.

Un autre être existait encore, en lui : cet esprit se dédoublait, et, après l’endroit apparaissait l’envers de l’écrivain, un fanatique religieux et un prophète biblique.

De même que Hugo dont il rappelait çà et là les luxations et d’idées et de phrases, Ernest Hello s’était plu à jouer les petits saint Jean à Pathmos ; il pontifiait et vaticinait du haut d’un rocher fabriqué dans les bondieuseries de la rue Saint-Sulpice, haranguant le lecteur avec une langue apocalyptique que salait, par places, l’amertume d’un Isaïe.

Il affectait alors des prétentions démesurées à la profondeur ; quelques complaisants criaient au génie, feignaient de le considérer comme le grand homme, comme le puits de science du siècle, un puits peut-être, mais au fond duquel l’on ne voyait bien souvent goutte.

Dans son volume, Paroles de Dieu, où il paraphrasait les Écritures et s’efforçait de compliquer leur sens à peu près clair ; dans son autre livre, l’Homme, dans sa brochure, le Jour du Seigneur, rédigée dans un style biblique, entrecoupé et obscur, il apparaissait