Page:Huysmans - Sainte Lydwine de Schiedam (1912).djvu/83

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Voici, en effet, ce qui advint :

Un jour, deux hommes se querellèrent sur la place ; après s’être couverts d’injures, ils se gourmèrent et l’un d’eux, tirant son épée, fondit sur l’autre qui, ou désarmé ou moins courageux, s’enfuit ; il aperçut, à un tournant de rue, la maison de Lydwine dont la porte était ouverte et il s’y précipita. Son adversaire, qui ne l’avait pas vu entrer, soupçonna néanmoins qu’il s’était réfugié en ce lieu et considérant Pétronille qui le regardait, effarée, sur le seuil, il s’écria, écumant de rage : Où est-il, ce fils de la mort ? n’essayez pas de me tromper, il doit être caché chez vous ! Elle l’assura, en tremblant, que non ; mais il ne la crut pas ; et l’écartant d’un revers de main et proférant les plus terribles menaces, il pénétra jusque dans la chambre de Lydwine et somma la malade de ne pas lui déguiser la vérité.

Lydwine, incapable de mentir, répondit : Celui que vous poursuivez est, en effet, ici.

À ces mots, Pétronille qui s’était glissée derrière l’énergumène ne put se contenir et elle gifla sa fille, disant : Comment, misérable folle, vous livrez un homme qui est votre hôte alors qu’il est en danger de mort !

Cependant le forcené ne voyait et n’entendait rien de cette scène. Il cherchait, en blasphémant, son adversaire devenu invisible pour lui et qui était pourtant, là, debout, devant lui, au milieu de la pièce.

Ne le découvrant pas, il s’élança dehors pour retrouver ses traces, tandis que le malheureux décam-