Page:Hyspa - L’Éponge en porcelaine, 1921.djvu/35

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J’ABORDERAI aujourd’hui, messieurs un sujet assez élevé. Je vous parlerai des Nuages.

Gracieux ou lourds, multicolores et changeant de ton selon l’heure et selon la position qu’ils occupent (ô vils caméléons de l’opportunisme !), monstrueux, fantastiques, et sans cesse en voie de déformation, voici venir, lents ou rapides, les nuages.

Ils ne marchent pas, ils ne volent pas, ils passent.

Bien que doués d’une nature vaporeuse, rarement ils attardent leur rêve au penchant des collines, plus rarement encore au-dessus des clochers en aiguille ; un faux mouvement et ils en crèveraient, et Dieu sait s’ils tiennent à leurs eaux.

Pareils à des ballons échappés du grand bazar de la Nature, les nuages passent.

Ils sont blancs.

Blancs poudrés ainsi que des pages, ils profitent de la nuit pour tenter la pâle Phébé.