Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/396

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


272 PROLÉGOMÈNES

que nous l'avons dit, est la seule qui offre à ces animaux des arbris- seaux propres à leur nourriture et des endroits sablonneux où ils puissent mettre bas leurs petits. Bien que le désert soit un lieu de pénurie et de faim, ces peuples finissent par s'y habituer, et ils y P. 237. élèvent une nouvelle génération pour laquelle la faculté de supporter le jeûne et les privations est devenue une seconde nature. Aucim individu appartenant à une autre race n'a envie de partager leur sort ni d'adopter leur manière de vivre; bien plus, ces nomades chan- geraient eux-mêmes d'état et de position s'ils en trouvaient l'occa- sion ^ Leur isolement est donc un sûr garant contre la corruption du sang qui résulte des alliances contractées avec des étrangers. Chez eux, la race se conserve dans sa pureté, ainsi que cela se voit chez les tribus descendues de Moder : les Coréich par exemple, les Ki- nana, lesThakîf, les Béni Aced, les Hodeïl, et leurs voisins de la tribu des Khozaâ. En effet, ces peuples mènent une vie de privations et habitent un pays où l'on ne trouve ni céréales ni bestiaux. Une grande distance sépare leur territoire des contrées fertiles de la Syrie et de rirac ; ils n'approchent pas des pays qui produisent le blé et les as- saisonnements qui relèvent le goût des mets; aussi leur race est de- meurée pure et sans soupçon de mélange.

Les Arabes établis sur les hauts plateaux, régions qui offrent de riches pâturages aux troupeaux et qui fournissent tout ce qui peut rendre la vie agréable, ont laissé corrompre la pureté de leur race par des mariages avec des familles étrangères. Tels sont les Lakhm , les Djodam, les Ghassan, lesTaï, les Codhaâ,les Aiyad et les autres tribus descendues de Himyer et de Kehlan. On se rappelle les con- troverses qui ont eu lieu relativement à la noblesse de leurs grandes familles et qui ont été amenées par leurs mariages avec des étrangers et par le peu de soin qu'ils ont mis à garder le souvenir de leurs généalogies. Ce que nous avons dit ne s'applique qu'aux Arabes (du désert). Le khalife Omar disait: «Apprenez vos généalogies, et ne

Les mots A-Jy U équivalent à *5yJ; auteur emploie souvent la particule >-• nous avons déjà fait observer que notre d'une manière pléonastique.

�� �