Page:Isis Copia - Fleurs de rêve, 1911.pdf/137

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fondeur du ciel grand qui accuse ma faiblesse, mais je préfère tes yeux, ô Sidonie, tes yeux si profonds, car ils sont l’ouverture d’une âme grande, noble et élevée.

J’aime à entendre gazouiller les oiseaux près de leurs nids, j’aime leurs mélodies, leurs chants d’amour dans les feuilles vertes, mais ta voix, ô Sidonie, est plus mélodieuse et céleste, elle me va plus vite et plus profondément dans le cœur.

J’aime les chauds rayons du soleil de printemps, les fleurs blanches, rouges, bleues, les mille petits cris de la nature, mais ton cœur, ô Sidonie, est plus chaud, plus ardent, car il enflamme le mien.

J’aime la bague de la mer qui déperle sur les rochers, la vague qui vient mourir en un vaste ruban blanc sur le sable blond ; j’aime le murmure du ruisseau qui se brise sur les pierres ; j’aime la brise fraîche de la mer qui souffle dans mes cheveux ; mais quand je suis avec toi, Sidonie, mon âme est plus calme, plus tranquille, plus reposée que ce voyageur fatigué qui s’étend sous les ombrages d’un bosquet et leur donne en échange de leur fraîcheur les fatigues de sa longue marche. »

Croyez-vous, ma chère amie, que mon affection pour vous changerait si je vous disais ce que je viens de vous dire ?