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TOUCHER SPHÉRIQUE ET TOUCHER CONTRAIRE

et c’est de cette accumulation de sensations simultanées que dérive la proportionnalité transcendante inhérente au moindre mouvement transmis par l’artiste.

C’est par la capacité d’analyser les proportionnalités mouvantes de la sensibilité que l’artiste produit l’harmonie absolue de la physionomie, telle que le portrait de Baltazar Castiglione de Raphaël nous la présente, ou l’harmonie générale de l’œuvre telle que Puvis de Chavannes nous la montre au Panthéon, ou telle que Rodin nous la fait apparaître, au musée du Luxembourg, dans le Baiser.

C’est de même par sa capacité d’analyser les proportionnalités mouvantes de sa sensibilité que l’interprète produit l’harmonie de la sonorité et celle de la conception esthétique de l’œuvre interprétée. Ces proportionnalités, comme les unités nouvelles le démontrent, se ramènent à une espèce de loi de la perspective dans le mécanisme de nos sensations.

Puisque, dans tous les arts les lois de la perspective se retrouvent, les causes qui font percevoir la variété des dimensions doivent se relier entre elles, soit qu’on perçoive cette variété réellement dans l’espace ou seulement mentalement dans la pensée.

Les unités nouvelles du toucher sphérique et les lois de la perspective dans les arts.

Envisagé d’une certaine façon, le déroulement des sons n’est qu’un genre de perspective. Non seulement nous formons nous-même comme le centre de l’œuvre musicale que nous écoutons, puisque, conservant un certain souvenir des sons entendus, nous