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LE TOUCHER SPHÉRIQUE

quand même inconnus les uns des autres ? L’intention d’être bon, c’est quelque chose ; la nécessité de l’être serait infiniment plus.


Les deux perspectives.

Si les analogies des phénomènes visuels par rapport au monde externe, et des phénomènes sensitifs par rapport au monde interne, sont si frappantes, c’est qu’il y a deux perspectives dont le mécanisme est corrélatif, l’une pour regarder en dedans, l’autre pour regarder au dehors.

Si, dans le mécanisme artistique, la perspective interne peut éveiller en nous des images, des idées immenses, c’est que rien ne prouve que le mécanisme à travers lequel nous nous sentons nous-mêmes exister, soit différent de celui à travers lequel le monde extérieur nous apparaît. Cette unification du principe de la vie universelle par laquelle le domaine de l’intelligence, de la pensée, serait animé par les mêmes lois que celles qui régissent la matière dans l’espace visible, ne serait-elle pas un acheminement vers un perfectionnement dont on ne peut encore entrevoir que vaguement la force éducatrice ?

Ainsi, c’est chez l’interprète qui distingue les plus faibles différences dans ses sensations et mouvements que se produisent les conceptions esthétiques les plus étendues ; chez celui où la pensée ne circule pas, l’idéation s’arrête ; chez celui qui ne sent que par fractions plus grossières, l’idéation se rétrécit, parce que : 1° dans ses surfaces tactiles, sa