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TOUCHER SPHÉRIQUE ET TOUCHER CONTRAIRE

pensée ne circule pas partout comme le regard peut circuler partout dans l’espace ; 2° il a, dans ses sensations, des interruptions qui correspondent à des murs partiels qui s’élèveraient dans l’espace, murs par lesquels le regard est arrêté. Ces murs ne sont dans leur réalité ultime que des lignes digitales mal orientées qui coupent la perspective des sensations et la perspective des idées.

Comme nous chercherons à le démontrer dans un ouvrage consacré plus spécialement à l’action que les attitudes affinées des doigts peuvent exercer sur les représentations visuelles, il y a des œuvres d’art plastiques fautives qui empêchent le regard de circuler, tandis que dans les belles œuvres, non seulement le regard circule librement, comme dans un espace libre, mais il semble pénétrer au delà de ce qu’il regarde.

Dans ces phénomènes d’adaptation du regard, il s’effectue des évolutions rythmiques analogues à celles que les pressions tactiles ne peuvent transmettre aux touches, dans l’interprétation d’une œuvre musicale, que dans la limite précise où la perspective totale de la sensibilité tactile est dégagée de l’obstruction ; c’est-à-dire dans la limite précise, où la pensée circule dans les perspectives du mécanisme tactile aussi librement que l’œil dans l’espace éclairé qui s’étend devant lui.

Les unités nouvelles nous montrent que, dans le toucher sphérique, la pensée définit les rapports mouvants qui existent entre les surfaces de nos doigts par des images si ressemblantes à celles qui ont fait découvrir les lois de la gravitation universelle que