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TOUCHER SPHÉRIQUE ET TOUCHER CONTRAIRE

tence de cette influence unique que si j’arrive à changer les rapports qui relient mes organes tactiles entre eux, en transformant mes attitudes externes, j’arrive, au point de vue de l’action interne cérébrale, au même résultat que si j’avais modifié ces organes eux-mêmes ; car la valeur réelle de ces organes réside dans leurs rapports réciproques, comme la valeur de ma pensée réside dans les rapports des images dont elle se compose.

En somme, la géométrie de nos attitudes modifie à la fois le rythme de nos mouvements et de nos perceptions comme elle modifie l’action externe par laquelle le caractère de chacun de nos mouvements est autant un effet des lois cosmiques générales en vertu desquelles nos pieds adhèrent au sol qu’une émanation de notre volonté.

Pour cette raison je vois que mon cerveau est, d’une part, directement influencé par le milieu cosmique, et je reconnais que si dans certaines conditions, il arrive à se faire une image de cette influence directe exercée sur lui, il n’en résulte qu’un progrès restreint ; mais que, d’autre part, s’il arrivait à se faire aussi une image de l’influence indirecte qu’il subit, une clarté vainement cherchée lui ferait voir ce qui est encore invisible mais peut devenir visible.

Car si, par le caractère de nos impressions rétiniennes, notre vue est limitée dans l’analyse des mouvements, à un fractionnement relativement grossier, la vue des rapports qui existent entre les mouvements différents perçus simultanément pourrait, par contre, s’étendre considérablement au profit de l’activité générale des organes eux-mêmes, si