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LE TOUCHER SPHÉRIQUE

l’on savait l’utiliser. Des êtres capables de voir des rapports plus complexes verraient mieux et penseraient mieux.

En somme, si les ressources de nos yeux sont limitées, notre désir d’analyser ce que nous voyons l’est encore bien plus.

Nos arrière-ancêtres ne savaient pas comme nous ce qu’il y avait à voir ; leur désir d’analyser pouvait s’en ressentir. Mais à l’aide de ce savoir, nous devrions tirer de nouvelles ressources de nos yeux comme nous devons tirer de nouvelles ressources de nos mains.

Nous ne voyons que ce que nous avons appris à voir, nous ne touchons que comme nous avons appris à toucher : il y a une vision supérieure comme il y a un toucher supérieur qui nous apprendraient plus de choses qu’on ne peut supposer. Car c’est à mesure qu’on sent, qu’on entend, qu’on voit plus finement qu’il se fait une transformation totale dans notre esprit. La vision des rapports inaperçus, entr’ouvre un nouveau monde interne par lequel le mystère de la vie semble pénétrable parce que les liens qui relient les choses s’agrandissent, tandis que les choses elles-mêmes s’amoindrissent.