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TOUCHER SPHÉRIQUE ET TOUCHER CONTRAIRE

les deux mains et les avant-bras étendus horizontalement, on peut, d’une part, établir une position complémentaire favorable dans laquelle les pressions des doigts complémentaires s’échelonnent verticaleament ; d’autre part, on peut, en redressant verticalement les avant-bras, établir une position complémentaire défavorable dans laquelle les pressions des doigts complémentaires s’échelonnent horizontalement.

Dans la position complémentaire horizontale juste, je ne puis pas me représenter un doigt incomplet. Il me suffit de penser à un doigt gauche ou droit quelconque pour provoquer involontairement l’image double avec une précision, une égalité de perception et de sensations frappante.

Mais, dans la position complémentaire horizontale fausse, il n’en est pas de même. Le désir de me représenter le doigt correspondant droit et gauche provoque une espèce de grossissement des deux mains. Tandis qu’elles semblent ainsi se gonfler, l’espace interposé entre les doigts de chaque main et entre les deux mains elles-mêmes, semble animé de petites parcelles sombres à forme indéfinissable qui se repoussent ; de sorte que, quoique je sente bien tous les doigts des deux mains, je ne sens aucun lien se former entre eux. Je n’arrive à me représenter visuellement ces doigts correspondants, que par des perceptions et des sensations en écho.

Les mêmes différences se produisent entre les positions complémentaires verticales.

La position verticale favorable que nous venons de signaler fait apparaître les doigts complémentaires