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AVA
AXI
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sur lequel étaient des caractères. L’évêque de Châlons-sur-Saône ayant ordonné au démon qui possédait Denise de sortir par une vitre qu’il lui désigna, la vitre se brisa aussitôt. Il se fit ainsi de ces choses qui sont au-dessus des forces humaines et qui ne peuvent être qu’œuvres de démons. — Personne, jusqu’ici, n’a contesté ces récits que nous ne donnons qu’en sommaire.

Avarice. Ce vice infâme a souvent amené des

 
Avarice
 

possessions. Voy. Fischer et les Légendes des péchés capitaux.

Avenar, astrologue qui promit aux Juifs, sur la foi des planètes, que leur Messie arriverait sans faute en 1414, ou, au plus tard, en 1464. Il donnait pour ses garants Saturne, Jupiter, l’Écrevisse et les Poissons. Tous les Juifs tinrent leurs fenêtres ouvertes pour recevoir l’envoyé de Dieu, qui n’arriva pas, soit que l’Écrevisse eût reculé, soit que les Poissons d’Avenar ne fussent que des poissons d’avril[1].

Avenir. C’est pour en pénétrer les secrets qu’on a inventé tant de moyens de dire la bonne aventure. Toutes les divinations ont principalement pour objet de connaître l’avenir.

Averne, marais consacré à Pluton, près de Bayes. Il en sortait des exhalaisons si infectes, qu’on croyait que c’était l’entrée des enfers.

Averroès, médecin arabe et le plus grand philosophe de sa nation, né à Cordoue dans le douzième siècle. Il s’acquit une si belle réputation de justice, de vertu, et de sagesse, que le roi de Maroc le fit jugé de toute la Mauritanie. Il traduisit Aristote en arabe, et composa plusieurs ouvrages sur la philosophie et la médecine. Quelques démonographes ont voulu le mettre au nombre des magiciens et lui donner un démon familier. Malheureusement, Averroès était un épicurien, mahométan pour la forme, et ne croyait pas à l’existence des démons[2]. L’empereur de Maroc, un jour, lui fit faire amende honorable à la porte d’une mosquée, où tous les passants eurent permission de lui cracher au visage, pour avoir dit que la religion de Mahomet était une religion de pourceaux.

 
Averroès
Averroès.
 

Aveux des sorciers. Les ennemis de l’Église disent que les aveux des sorciers ont été d’ordinaire, obtenus par la torture ; ce qui n’est pas exact. Les aveux tacites sont sans nombre. Ceux qui sont au diable, par possession ou, pacte, ne peuvent voir un prêtre, sans frémir, ni assistera la messe, ni rien supporter de ce qui est a Dieu. Ensuite la torture n’a jamais été exercée par l’Église, mais seulement par la puissance civile.

Avicenne, célèbre médecin arabe, mort vers le milieu du onzième siècle, fameux par le grand nombre et l’étendue de ses ouvrages, et par sa vie aventureuse. On peut, en quelque sorte, le comparer à Agrippa. Les Arabes croient qu’il maîtrisait les esprits et qu’il, se faisait servir par des génies. Comme il rechercha la pierre philosophale, on dit encore, dans plusieurs contrées de l’Arabie, qu’il n’est pas mort ; mais que, grâce à l’élixir de longue vie et à l’or potable, il vit dans une retraite ignorée avec une grande puissance. — Il a composé divers livres d’alchimie recherchés, des songe-creux. Son traité de la Congélation de la pierre et son Tractatulus de alchimia se trouvent dans les deux premiers volumes de l’Ars aurifera, Bâle, 1610. Son Ars chimica a été imprimé à Berne, 1572. On lui attribue encore deux opuscules hermétiques insérés dans le Theatrum chimicum, et un volume in-8o, publié à Bâle, en 1572, sous le titre de la Porte des éléments, Porta elementorum. — Les livres de secrets merveilleux s’appuient souvent du nom d’Avicenne pour les plus absurdes recettes.

Axaphat, démon invoqué dans les litanies du sabbat.

Axinomancie, divination par le moyen d’une hache ou cognée de bûcheron. François de Torre-Blanca, qui en parle[3], ne nous dit pas comment

  1. M. Salgues, Des erreurs et des préjugés, t. I, p. 90.
  2. Magiam dæmoniacam pleno ore negarunt Averroes et alii epicurei, qui, una cum Saducæis dæmones esse negarunt. (Torre-Blanca, Délits magiques, liv. II, ch. v.
  3. Epist. delict., sive de magia, liv. I, cap. xxiv.
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