Page:James Henry - L Eleve.djvu/48

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— Faites ce qu’elle vous dit, faites-le par pitié ; c’est tout ce dont j’ai besoin. Je ne peux pas supporter ceci, ni de telles scènes ! Ce sont de terribles menteurs, les pauvres !

Ces paroles échappèrent à Morgan qui avait interrompu son embrassade. Elles furent prononcées sur un ton tel que Pemberton se tournant vivement vers lui vit qu’il s’était assis brusquement, respirait avec de grandes difficultés et était très pâle.

— Oserez-vous dire maintenant qu’il n’a rien, mon pauvre chéri ? — s’écria la mère tombant à genoux devant lui, les mains jointes, mais s’abstenant autant de le toucher que s’il eût été une idole dorée. — Ça va passer, c’est l’affaire d’un instant. Mais ne dites pas de ces choses affreuses !

— Je vais mieux, je vais mieux, — dit Morgan à Pemberton d’une voix haletante.

Toujours assis, il continuait à le regarder avec un étrange sourire, ses mains posées de chaque côté de lui sur le sofa.

— Prétendez-vous à présent que je n’ai pas agi loyalement, que je vous ai trompé ? — lança la flamboyante Mrs Moreen à Pemberton en se levant.

— Ce n’est pas lui qui le prétend, c’est moi ! — répliqua l’enfant.

Il semblait plus à l’aise mais s’affaissait contre le mur, et l’ami qui lui était rendu s’asseyant à côté de lui lui prit la main et se pencha sur son visage.

— Mon enfant aimé, on fait ce qu’on peut. Il y a tant de choses à considérer, — plaida Mrs Moreen. — C’est sa place ici, la seule place qui lui convienne. Vous voyez bien que vous êtes de cet avis maintenant.

— Emmenez-moi, emmenez-moi — continua Morgan, toujours à Pemberton et toujours très pâle.

— Où vous emmènerais-je, et comment pourrais-je le faire, comment, mon pauvre enfant ? — bégaya le jeune homme songeant à la dure appréciation que porteraient sur sa conduite ses amis de Londres ; car il les avait abandonnés, en ne pensant qu’à sa propre convenance et sans les assurer d’un prompt retour.

Pleins d’un juste ressentiment, ils avaient déjà dû lui trouver un successeur. Il songeait aussi combien peu l’aide-