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LA SŒUR ROSE

du plafond, des murailles se détachent légèrement les dieux et les déesses de la fable ; les têtes se couronnent de roses, les ceintures se relâchent, les seins commencent à battre doucement. Que d’esprit ! quels murmures quels soupirs ! quelle audace ! En vérité ces femmes, qui entrent ainsi en se tenant par les mains, vous brûlent rien qu’à les voir ; leur pied est une flamme qui éclaire leur jambe jusqu’à la jarretière ; de leurs deux mains sortent des étincelles, de leurs cheveux tombent des perles ; leur cou est effilé comme le serpent ; leur gorge est en délire et leur cœur est froid comme le marbre ; la gaze les touche à peine et s’écarte en frémissant. — As-tu vu (je tutoyais le diable !), as-tu vu celle-là qui cache un petit signe noir dans le pli de son sourire ? — et celle-là dont le bras, d’un blanc mat, écrase l’or qui t’entoure ? — et cette autre qui sourit comme une folle ? — et cette autre qui s’admire dans cette glace brillante, qui retourne languissamment sa tête pour re-