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ET LA SŒUR GRISE.

garder son épaule, et qui dévore sa propre beauté d’un œil impudique, tant que ce regard peut aller ? — Ah finissons, finissons je succombe ! je me meurs !…

Disant ces mots, je rejetais bien loin de moi cet enivrant spectacle ; le diable jouissait de mon étonnement et de mon émotion.

— N’est-ce pas, jeune homme, me dit-il d’un ton goguenard, qu’en ce temps-là nous comprenions un peu mieux que vous ne faites aujourd’hui tout l’attirail du plaisir et de l’amour ? Nous étions passés maîtres dans tous ces fins détails de la fête et de la joie ; rien qu’à notre luxe on nous reconnaissait pour des gens nés dans l’or, dans la grandeur et dans la soie ; nous étions naturellement gentilshommes ; et, depuis nous, vous n’avez vu que de misérables contrefaçons de nous autres les princes du vice d’autrefois. Pauvres petits bourgeois que vous êtes ! J’ai ri bien souvent en vous voyant vous arranger à grand’peine, dans quelques chambres écar-