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LA SŒUR ROSE

Satan ; mais qui donc est-tu, toi, pour avoir à tes ordres un conteur comme moi ? Le bel office à remplir que d’amuser monsieur ! Me prends-tu donc pour ton Basile ou pour ton Gripe-soleiI ? Et d’ailleurs pourquoi donc es-tu si peu intelligent ? Si tu ne m’as pas revu plus tôt (et, disant ces mots, il me lançait ce demi-sourire si plein d’intelligence qu’il vous fait peur), certainement ce n’est pas ma faute. Depuis la nuit dont tu parles je ne t’ai pas quitté, mais tu n’as jamais voulu me reconnaître. Te rappelles-tu, l’autre jour, ce vieux marchand de bouquins qui t’a vendu au poids de l’or le traité d’Apicius de Re culinarià ? c’était moi ! Et cette vieille femme qui t’a apporté cette lettre anonyme pleine d’injures et de fautes de français ? c’était moi ! J’étais près de toi l’autre soir quand est entrée sur le théâtre cette jeune femme de vingt ans que la passion a pâlie et courbée et qui porte sans y succomber tout le génie de Meyerbeer ; mais c’est à peine si tu as fait attention à cette femme. J’étais