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LA SŒUR ROSE

sanglante, frappée de verges, se trouvant en présence de Louise, tout à l’heure si libre, si heureuse, si parée, Léonore put à peine se contenir et ne pas dévorer sa sœur.

– Ah ! s’écria t elle, te voilà ! Ah ! tu viens écouter, assise ici sur la soie, mes cris de douleur sur la paille ! Ah ! toute parée que tu es, tu viens voir, à travers les fentes de mon cachot, comment je vis pâle et maigre et fiévreuse ! Malédiction ! malédiction ! malédiction sur toi ! Il n’y a pas de Dieu dans le ciel ! il n’y a pas de père sur la terre !

Disant ces mots, Léonore se posait devant Louise, et Louise fermait les yeux.

En même temps les convives voisins chantaient en chœur une chanson à boire, et ces horribles cris n’arrivaient pas jusqu’à eux.

Louise cependant, éperdue mais calme, avait peu à peu ouvert les yeux, et elle s’était assurée que c’était bien là sa sœur. Oui, c’était là sa sœur, aussi vrai que c’était là son mari pris de vin et d’amour impudique. Car,