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de martial.

Sabines pourraient lire sans rougir. Mon vers est tour à tour enjoué et sévère, triste et rieur, plein de joie, barbouillé de lie, plein d’amour, parfumé comme Cosmus, folâtre avec les garçons, amoureux avec les jeunes filles, chantant Numa et célébrant les saturnales. Mais, croyez-le, ce ne sont pas mes mœurs que je consigne dans ces livres.

Par Jupiter et par Bacchus ! j’ai écrit aussi pour nos bons bourgeois, gens peu difficiles, qui aiment avant tout le gros rire et qui sont prêts à tout pardonner à ce prix. La poésie de Lampsaque les égaie, et dans ma main résonne l’airain qui retentit aux champs tartessiens. Combien de fois, et malgré vous, mes censeurs, vous sentirez l’aiguillon de l’amour, fussiez-vous Curius et Fabricius ! Quant à Lucrèce… Mais Lucrèce a rougi parce que Brutus était présent. Va-t’en, Brutus ! Lucrèce elle-même me lira.

Mais c’est assez répondre à cette canaille déchaînée contre Martial. J’ai été toute ma