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étienne béquet.

ne fut jamais plus heureux que de se voir en dehors de ces questions palpitantes d’actualité. Pauvre homme ! si tu vivais, je n’oserais pas écrire, même en riant, des mots pareils ; et, si tu ne sors pas de ton cercueil à l’instant même, voilà ce qui prouve que tu es bien mort.

Mais s’il a eu le tort de rester en arrière de toutes ces questions qu’il devait débattre, s’il s’est retranché dans son mépris et dans son silence au jour des grandes batailles, ce n’est pas à dire que Béquet ait laissé passer toujours ainsi les nouveaux venus dans l’arène. Cet homme qui était si peu ardent quand il fallait combattre, il était admirable quand il fallait servir. Tout comme il s’est enfui devant les envahisseurs éphémères de l’art moderne, il a été au devant de tous les nouveaux venus qui lui rappelaient de près ou de loin cette belle forme et cette belle langue à laquelle il était dévoué. Presque seul il a combattu pour M. Casimir Delavigne quand le poëte était abandonné de tous ; le premier il a applaudi